J ’ai une formation et une pratique qui m’ ont étonnamment menée de l ’image animée à l’image fixe
1965 : Naissance
1986 : DEUG de Littératures Modernes et Licence de Recherches Cinématographiques à Paris 3 avec Bergala et Rhomer. Je travaille en même temps comme projectionniste au cinéma d’Art et d’Essais «l’Epée de Bois » rue Mouffetard jusqu’en 1992.
1990 : Diplôme National Supérieur
d’Expression Plastique avec Félicitations du Jury à l’Ecole
Nationale d’Art de Cergy. Tuteur : Fred Forest, présentation
d’une vidéo expérimentale «alice Chérie » inspirée d’Alice aux
Pays des Merveilles de L.Carrol qui fût sélectionnée aux festivals vidéos : «
jeune vidéo » Hérouville-Saint-Clair, «la Mondiale » Québec, «vidéos Femmes »
Montréal.
Expositions collectives : « Vidéo Ebats », Galerie Donguy, Paris «109», Ecole
Nationale d’Art de Cergy Pontoise, Cergy-Pontoise « Géricho 2 ».
Exposition collective au château de Devin avec la présentation de
«love-machine » (cabine vidéo où pour 1 franc pendant 1 minute une
soixantaine de personnes se succèdent en disant «je t’aime »),
Bratislava, Tchécoslovaquie.
1991 : J’intègre un collectif
d’artistes squatters «rézonances » et m’initie à
l’intervention artistique de rue, à l’Action-Painting et à la
performance.
« People to People », manifestation artistique d’échange
Franco-Tchèque, exposition et intervention collective avec Rézonances,
Prague, Tchécoslovaquie.
Réalisation de « Nous, Arzonautes », un documentaire de création qui fait
maintenant référance sur la démarche du collectif «rézonances » (« Nous
sommes artistes, nous sommes squatters, nous sommes fous… »)
co-produit par LabelVidéo, acheté par la Vidéothèque de Paris et visible à la
demande, sélectionné au Festival International de Vidéo de Montbéliard et
primé « Grand Prix Vidéo » au concours « Créez d’après la ville »
organisé par Le Centre Georges-Pompidou.
1992 : engagée par le CICV (Centre
International de Création Vidéo) pour mettre en place une télévision
expérimentale de proximité de l’Aire Urbaine de montbéliard-belfort.
J’y cotoie quelques grands personnages de la création contemporaine
(Gianni Toti, Marina Abrahamovic, David Larcher, Aurèle…) et son
émouvant directeur Pierre Bongiovanni.
Co-réalisation avec Pierre Jacob-Colling d'1h30 de programme hebdomadaire et
thématique soit un total de 30h originales.
"« Eugène » est un média de communication sociale et d’expérience(s) TV
primé au Festival des Médias Locaux à Paris en 1994.
1993 : réalisation d’un documentaire de création sur un ancien ouvrier de chez Peugeot « Jean Kramer, une histoire (en image) du Pays de Montbéliard », sélectionné au Festival « Les Nuits Savoureuses » à Belfort en 1994.
1994 : Naissance de mon fils Aurel.
Travail au Centre Culturel Français de Tanger sur un projet
«rue de Tanger à Paris et rue de Paris à Tanger » avec la cinéaste Farida
Benlyazid.
A mon retour à Paris, je réalise cinq vidéos musicales pour des groupes de
rock alternatif (Les 10 petits indiens, Alaf Lamout, les portugaises
ensablées, No Sex…)et parallèlement je travail comme assistante sur
des émissions de ARTE et sur des réalisations de LabelVidéo.
Co-création avec Pierre Jacob-Colling et J.B Favory du spectacle vidéomusical
«Cowboy-Jean » représenté à Paris, Lyon, Mexico…
1997 : J’arrête définitivement
l’image animée et commence un travail sur des affiches déchirées.
Expositions et actions collectives avec la « Zen Copyright » à la galerie
Squ’Art de la Grange-aux-Belles à Paris et au Tacheless à Berlin entre
autres.
(2002 : Festival « Art et Squats » 23 jours d’évênements dans les
squats d’artistes de Paris et au Palais de Tokyo, squ’art La
Maison de la Plage-Festival des Alternatives, squ’art La Maison de la
Plage-2001 : « Portes Ouvertes Off des Ateliers de Belleville »,
squ’art Le Chardon dans la Savane rue de la Duée- « 1er Vert nid sage
», squ’art Bo Live Art rue de l’équerre-« rue Blanche »,
Collectif 21 squ’art de la rue Blanche-« Portes Ouvertes des Ateliers
de Ménilmontant », squ’art Théâtre de Fortune, Paris-2000 : « Latelier
», squ’art Latelier Pelleport, Paris-1999 : «Art dit 20 »,
squ’art rue boyer-1997 : «expos collectives », squ’art de La
Grange-aux-Belles-« Le Manège », Tacheless, Berlin, Allemagne).
1998 : Naissance de ma fille Luce.
Je commence une recherche sur la représentation en
utilisant l’image photographique numérique. L’ordinateur et
l’imprimante deviennent mes outils au même titre que le pinceau, le
cutter ou le couteau. Différentes images sont créées, toujours considérées
dans une série et comme ce qu’on peut appeler des «tableaux
photographiques ».
Très engagée dans les lieux collectifs de vie et de création
(squ’arts), je travaille et milite pour une place effective de
l’enfant dans les espaces de créations.
A partir de 1999 : mes différents ateliers
(toujours collectifs et autogérés) sont des espaces toujours ouverts aux
publics et particulièrement aux enfants. Un coin avec du matériel collectif
est accessible n’importe quand sans aucune formalité par les enfants
des artistes mais aussi des quartiers, le principe étant que l’enfant
ne reste pas spectateur et qu’il puisse créer facilement, «générer »
sans être dirigé, que Agir devienne naturel...
Début de ma série de portraits.
Travail sur l’échange, la gratuité, nombreux collages de mon travail
dans la rue.
2001 : présentation de mon travail sur les thèmes de Médée et d’Abraham à différentes expositions collectives : « Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville », Boliv’Art rue de l’équerre, « Collectif 21 » rue Blanche, «artistes de fortune » au Théâtre de Fortune.
Octobre 2001 : ouverture d’un lieu de création et de poésie, autogéré ouvert au quartier et plus particulièrement aux enfants : « La Maison de la Plage » rue de Colmar dans le 19ème arrondissement de Paris. Création de l’association « La Maison de la Plage » (but : pour l’occupation créative et temporaire des lieux urbains en friche) et du collectif des «plagistes », descriptif et images sur www.kisinis.ch (squat/la maison de la plage). Expositions et actions collectives avec le collectif des «plagistes », organisation et participation à de nombreux événements dont le fameux « Festival art et squats » (09.02) co-organisé et sponsorisé par le Palais de Tokyo.
2003 : je suis hébergée par
l’association « Friches et nous, la paix » au 16 rue Dénoyez à
Belleville. « 030303 » exposition avec le peintre Pédro !, le BTK3 rue
ramponneau « Belleville de bas en haut » « Ons’prenlarue, 1ère »
Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Belleville « Portraits
Poétiques chez la Chapelière Folle » Marie Mercié rue Saint-Sulpice, Paris.
Réalisation de son portrait poétique en 100x100cm.
2004 : « Gens de ma rue » exposition en
plein air. Portes Ouvertes des Ateliers de Belleville et «
Ons’prenlarue N°2 »
« Le printemps des Poètes » à l’association « Friches et nous, la paix
» Belleville « Signes picturaux et portraits photographiques » exposition
avec le peintre Pédro ! au squ’art Alternation, Paris
Publication du premier numéro de la collection « Poésure et Peintrie » avec
les toiles de Pédro et les textes de Fapeyla «l’abécédaire de la raie
mord ».
« Mémoire de l’Artisanat et Artistes du Bas-Belleville »
Salon des Arts Plastiques de Romainville : Réalisation du tryptique
Bleu-Blanc-Rouge (100 x 300 cm) sur les anciens combattants de la ville pour
la Mairie.
2005 : Artiste permanante Galerie Design «
Code 3 », Paris. www.code3-design.com
Lauréate pour l’affiche des Portes Ouvertes des Ateliers
d’Artistes de Belleville 2005.
Ouverture de l’Atelier Dorian Gray, espace de création et
d’expostion dédié au portrait.
Dans ce qu'elle appelle ses "portraits poétiques", Marie Decraene essaie de percevoir "en quoi malgré notre vie de tous les jours, malgré nos gestes quotidiens –aussi petits soient-ils, insignifiants et parfois ridicules, si peu singuliers, si peu remarquables, nous restons quand même des héros, des êtres profondément lyriques."
Dans ses images, nul souci documentaire et pourtant des velléités évidentes de constituer un inventaire. Parce que la réalité l'intéresse peu, ("la vérité est plus importante"), c'est par l'accumulation, l'association d'idées et une sorte de description onirique que l'univers poétique de la personne photographiée se révèle, transcende le banal pour découvrir quelque chose qui n'est pas forcément visible à l'œil nu.
Bien que clairement impliquée dans les mouvances de son époque, celles de l'art urbain et éphémère, Marie Decraene est très influencée par les allégories symbolistes, les collages surréalistes, les compositions spatiales classiques, les portraitistes africains... "je suis une éponge, tout me parle et m'inspire. Je suis une voleuse et une copieuse."
Plastiquement, son travail tend aussi à des confrontations : technologie moderne et techniques classiques, la main et le robot, l'esprit humain et l'intelligence artificielle.
Elle associe à son travail numérique, un travail de matière, avec le plus souvent des collages de différents papiers, des réhauts de peinture, des ajouts de feuilles d'or...
Mélange d'influences, métissage de styles, hybridation des techniques, ses images sont entre l'œuvre classique et le portrait fait chez le photographe du quartier, belles universelles et accessibles.
P.N